Les SCPI du Crédit Agricole, via sa filiale Amundi Immobilier, suscitent de vives réactions parmi les investisseurs, en particulier depuis la baisse marquée du prix des parts de plusieurs de ces SCPI emblématiques comme Edissimmo, Rivoli Avenir Patrimoine ou Genepierre. Avant d’aller plus loin, je vous invite à consulter notre analyse détaillée de la SCPI Edissimmo, très concernée par cette dévalorisation.
Des baisses de parts qui inquiètent les investisseurs
En août 2023, Amundi Immobilier, filiale du Crédit Agricole, a confirmé des baisses lourdes : -12% pour Rivoli Avenir Patrimoine, -14% pour Edissimmo et -17% pour Genepierre. Ces annonces ont secoué le marché mais surtout les porteurs de parts. Sur les forums spécialisés, de nombreux témoignages ont émergé, reflétant les doutes, frustrations et stratégies d’adaptation des investisseurs privés.
VO85852 : « Cela ne m’étonne pas. Edissimo c’est géré par Amundi, Amundi filiale du Crédit Agricole. On garde le crédit et les parts dans la même famille! Quand j’ai ouvert un PER au Crédit Agricole, avant de découvrir Linxea, tous les supports étaient chez Amundi… les plus mauvais en plus. »
Ce type de commentaire revient souvent : les clients se sentent orientés vers des produits internes au groupe bancaire, sans toujours bénéficier des meilleures performances.
Investir en SCPI via assurance vie ou en direct ?
La manière dont on investit en SCPI joue un rôle majeur dans la rentabilité observée. Entre détention en direct, à crédit ou au sein d’une assurance vie, les impacts en termes fiscaux et de liquidité sont importants.
PC258130 (philippe91) : « Quand j’ai acheté en direct et en cash, pas de baisse constatée. Par contre, dès que j’ai eu des contraintes en assurance vie ou achat à crédit, ça s’est moins bien passé. »
Mon expérience rejoint celle-ci : en direct, vous gardez le contrôle de vos mouvements, alors que via les contrats d’assurance vie, les SCPI disponibles sont souvent limitées et les arbitrages plus complexes.
Comprendre les baisses et leurs implications
Pourquoi ces baisses ? Outre l’environnement de taux élevé, une part importante des immeubles détenus par ces SCPI est concentrée sur le segment tertiaire, notamment les bureaux, particulièrement dévalorisés ces derniers mois.
UQ86139 (agrippaminor) : « Si on recherche un complément de revenu, la baisse de prix de la part est certes une déception, mais c’est le revenu que l’on recherche, pas la valeur absolue du capital. »
C’est un point fondamental : le rendement actuel s’est mécaniquement amélioré grâce à la baisse du prix des parts. Certaines SCPI annoncent aujourd’hui des taux distribués dépassant 6 %, ce qui en fait potentiellement une opportunité pour les nouveaux investisseurs.
Des décisions de gestion parfois critiquées
Certains intervenants n’hésitent pas à remettre en cause la stratégie des sociétés de gestion :
PC258130 (philippe91) : « J’ai rencontré un gars de Perial… il m’a dit qu’ils avaient préféré faire une seule opération de baisse pendant l’été que de refaire une baisse en 2024. Je lui ai dit que ce n’était pas évident qu’ils allaient attirer des clients après ça. »
Ce sentiment de défiance, je l’ai souvent vu chez d’autres investisseurs. La communication transparente, régulière et pédagogique des sociétés de gestion est cruciale, et son absence peut rapidement détruire la relation de confiance.
Faut-il vendre ses parts des SCPI Crédit Agricole ?
Dans le climat actuel, vendre peut cristalliser la perte, surtout avec les frais d’entrée et de cession. Comme l’explique très bien un intervenant :
UQ86139 : « Vendre des parts ayant subi une minoration c’est une triple peine : baisse du prix, pénalité imposée par l’assureur (si via Spirica), et frais d’achat d’un nouveau support. »
Dans la majorité des cas, il vaut donc mieux patienter plutôt que d’encaisser une perte immédiate.
Quelle stratégie adopter aujourd’hui ?
Les SCPI ayant déjà corrigé leurs prix – comme celles citées d’Amundi – peuvent redevenir intéressantes pour de nouveaux investissements. Cela permet aux nouveaux porteurs de bénéficier d’un rendement plus attractif. À l’inverse, les anciennes générations de SCPI, bien que plus connues, affichent souvent une surcote importante, ce qui expose à de futures baisses.
Je recommande de privilégier :
- les SCPI récentes et opportunistes comme Iroko Zen ou Remake Live,
- celles ayant une stratégie prudente sur la collecte comme Sofidy,
- et les SCPI thématiques ou régionales prometteuses comme Atream Hôtels ou Épargne Pierre.
Les SCPI du Crédit Agricole : à surveiller avec recul
Les SCPI Crédit Agricole via Amundi ne sont pas à jeter, loin de là. Leur patrimoine est important, diversifié, et leur stratégie de correction des valeurs démontre une volonté de transparence – même si tardive selon certains. Ces baisses peuvent au final attirer de nouveaux investisseurs souhaitant acheter au bon moment, à un prix plus juste…
Reste que la confiance des clients est ébranlée, comme on le lit dans de nombreux témoignages. À court terme, prudence et sélectivité sont donc de mise. Le marché des SCPI est en mutation, plus sélectif, mais pas en crise comme certains le prétendent. En tant qu’investisseur, il convient de faire preuve de sang-froid et de stratégie.